Réunis à Lourdes en Assemblée plénière, les évêques de France expriment leur vive préoccupation devant les actes de violence et de destruction que connaissent depuis quelques jours plusieurs de nos grandes agglomérations. Des groupes de jeunes s’affrontent durant la nuit aux forces de l’ordre et provoquent des peurs dans les esprits. Les images des médias donnent à ces événements un fort retentissement dans l’opinion publique et créent des méfiances entre les différentes composantes de la population.
Nous devons nous interroger sur ce qui peut engendrer de telles spirales de violence dans nos grands ensembles. L’urbanisation récente, les difficultés de l’emploi pour les jeunes, l’instabilité dans la vie familiale sont souvent évoquées.
Mais nous estimons que la répression et l’incitation à la peur collective ne sont pas une réponse à la hauteur de ces tensions dramatiques de notre société.
Nous tenons à souligner tout le travail qui est fait au quotidien par bien des associations et des institutions afin de créer des liens de solidarité pour un vivre ensemble fraternel. Beaucoup ne baissent pas les bras. Les écoles, les diverses instances de formation, les éducateurs, les animateurs sociaux doivent se sentir soutenus par nous tous. Nous savons aussi combien peut être précieuse la présence de petites communautés de religieuses dans les cités. Il est vital d’ouvrir à ces nouvelles générations, souvent en mal d’espoir, un avenir de liberté, de dignité et de respect de l’autre.
Assemblée plénière, Lourdes, le samedi 5 novembre 2005
Communiqué de la JOC au sujet des événements de Clichy-sous-Bois: la JOC condamne le mépris à l'égard des jeunes
Tout en réprouvant fermement la violence, la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) estime que la condamnation et la répression ne peuvent être l'unique réponse aux événements qui ont marqué la banlieue parisienne ces derniers jours. Active dans les quartiers défavorisés depuis 1927, la JOC rappelle que les causes doivent être prises en compte et que le travail d'éducation réalisé par les associations présentes sur le terrain ne peut pas être balayé d'un revers de la main.
L'escalade de la violence en banlieue, ces derniers jours, notamment à Clichy-sous-Bois, est un drame. On ne peut pas lui trouver d'excuses. «Tout en la condamnant, il faut en connaître les causes et commencer par regarder les conditions de vie de chacun, s'indigne un jociste de Clichy-sous-Bois. Le ministre de l'Intérieur feint d'ignorer cela et réduit les jeunes à de la « racaille». La violence de ce langage est inacceptable. »
La JOC considère qu'il est trop facile de dire que le traitement social des banlieues a échoué et de nier tout ce qui existe. « La vie dans les banlieues ne se résume pas à un affrontement entre délinquants et forces de l'ordre, comme on voudrait parfois nous le faire croire, insiste Inès Minin, présidente nationale de la JOC. Depuis des années, beaucoup d'initiatives positives s'y vivent. » C'est le travail que mènent nombre d'associations, dont la JOC, mais aussi les Missions locales, des jeunes, des familles et plus largement tous les gens qui ne baissent pas les bras. «Le rôle des associations dans les banlieues est essentiel et complémentaire. Mais pour savoir cela, il faut travailler sur le terrain, pas seulement s'y montrer », ajoute la présidente nationale de la JOC.
Renforcer la sécurité dans les banlieues est évidemment une nécessité, à condition qu'elle soit constructive, et pas exclusivement répressive. Mais il faut aussi aller plus loin, et encourager le travail social et associatif, permettre une véritable éducation citoyenne et offrir dignité et reconnaissance à chacun. C'est en tenant compte des richesses que tous les jeunes peuvent apporter à la collectivité, et en leur faisant confiance, que nous pourrons leur donner toute la place qui leur revient.