Pilar Fernandez-Canedo et Wiggert Molenaar
Le 9 février, les 171 participants aux quatre journées de formation proposées par le Ceras se sont dispersés à travers Paris et sa banlieue pour aller à la rencontre de migrants et de ceux qui agissent avec eux ou pout découvrir les parcours institutionnels qu’ils ont à traverser. Récits, par les participants eux-mêmes.

En icône, Céline, venue du Congo Kinshasa pour étudier les Sciences de l’Education à Paris 8, membre du Cised.
L’Université Paris 8 accueille un pourcentage élevé d’étudiants étrangers qualifiés de « migrants ». Certains parmi eux fréquentent régulièrement, à deux pas du campus, « la petite maison d’en face » : le Cised, Centre d’initiatives et de services des étudiants de Saint-Denis. C'est là que notre groupe de 12 personnes a été accueilli par trois étudiants – Zariantha, Comorienne ; Aristide, Congolais et Aïssa, Algérien – ainsi que par Lucien Descoffres, directeur, jésuite français.
Quelques statistiques : les 240 étudiants inscrits au Cised viennent de 47 pays, dont 84% d’un autre pays que la France. Les Algériens sont les plus nombreux ; la France arrive en 2ème place ; le Brésil, à la surprise de Lucien Descoffres, est en 3ème position. Quant aux études, une majorité d'inscrits est en Master 1 ou 2 ; d’autres, une quarantaine, préparent un doctorat.
L’accompagnement des projets de vie est l'un des services offerts par le Cised; mais les propositions de base sont des cours de langue française, une aide pour organiser son travail, une initiation à la bureautique. La convivialité est importante – repas, sorties, films – avec quelques surprises, comme, par exemple, une collaboration entre Chinois de Taïwan et du continent pour présenter la culture chinoise.
Les collaborateurs du Cised sont au nombre de 55, tous bénévoles. Ils s’engagent à venir rencontrer les étudiants au moins une demi-journée par semaine. Le financement du centre est assuré par des dons, des subventions et par une participation des inscrits. Le centre est une initiative de quatre organisations chrétiennes, mais il est ouvert à tous les étudiants de Paris 8, quelle que soit leur appartenance philosophique ou religieuse.
Le témoignage des trois étudiants rencontrés a été capital pour les participants à la session « Migrants dans la mondialisation » qui les ont écoutés. La rencontre des personnes et la découverte de leur situation nous permettent d’éclairer les enjeux éthiques. Nous avons appris que le pourcentage d’échec parmi ces étudiants est – pour des raisons diverses – élevé. Leur situation financière est souvent difficile. On nous a parlé d’un étudiant qui vit avec 300 euros par mois, dont une partie est envoyée à sa famille.
Leur attachement à leur pays est évident. Nous entendrons l'un d'entre eux plaider avec force pour la création de bibliothèques dans son pays d'origine. Mais si 29 % expriment clairement le souhait de retourner au pays une fois leurs études achevées, 36% n'ont pas encore pris de décision.
En savoir plus : www.cised.fr et http://www.univ-paris8.fr/