Un an après ce processus inédit de travail (clôturé par la table ronde de novembre), au moment où le Parlement s’apprête à discuter de la loi dite Grenelle I… et alors que le Président de la République a annoncé au début de l’été que sera construit en France un deuxième réacteur EPR – jolie provocation puisque la décision été prise sans concertation –, la question se pose : à quoi peut aboutir le Grenelle de l’Environnement ? Question double : il s’agit de savoir d’abord si, pour la résolution de problèmes complexes un nouveau type de gouvernance est engagé avec la reconnaissance de l’expertise des citoyens et du rôle de tous dans la prise de décision. Il s’agit aussi de savoir si la créativité qui s’est révélée en 2007 va se traduire en mesures concrètes afin de réduire notre consommation d’énergie et de protéger la nature, nos vies et celles des générations futures.
Des acteurs se sont mobilisés à tous les niveaux, à qui nous avons donné la parole aujourd’hui : deux « observateurs » s’interrogent sur le processus lui-même, un expert participant des groupes de travail apprécie l’inflexion à long terme donnée à la politique, et trois responsables associatifs témoignent de leur déception quant au suivi, craignant qu’on ne dépasse pas l’étape des bonnes intentions.
C’est un grand chantier de débat que Projet ouvre donc aujourd’hui, sur lequel la revue reviendra en 2009, après le vote de la loi et l’application de la réforme de l’Etat. A condition que les financements suivent et que certaines préconisations soient appliquées, le Grenelle pourrait avoir des suites.
Françoise Terrel-Salmon, « Ouverture », Ceras - revue Projet n°306, Septembre 2008. URL : http://www.ceras-projet.com/index.php?id=3279.