
Hermès, Le contrat naturel, Le tiers instruit, L’incandescent… Michel Serres est un philosophe soucieux d’articuler sciences humaines et sciences dures, de réconcilier nature et culture. Un encyclopédiste, militant pour un partage universel des savoirs.
Les campagnes françaises ont concentré sur elles une charge symbolique unique qui fait d’elles, de leurs habitants et de leurs productions l’un des objets des passions françaises. Siège principal pendant huit siècles de l’activité économique, y compris manufacturière, le monde rural est porteur d’une forte dimension identitaire.
Les campagnes sont à la fois ressources, paysages – cadre de vie , nature. D’autres relations villes-campagnes se dessinent, avec de nouvelles mobilités, et d’éventuelles créations d’emplois. Mais la diversité des attentes et des usages peut être source de confrontation. L’articulation et la complémentarité supposent de clarifier les choix dans l’action publique.
Lieu de proximité, de solidarité, de rites partagés, les sociétés rurales se sont enracinées autour d’un patrimoine commun. Mais cet « en dedans » s’ouvre à de nouveaux venus, pour une nouvelle co-construction.
Partant du constat que la politique agricole traditionnelle n’a pas été à même de faire face au déclin du rural, l’Europe met en place un « deuxième pilier » de la Pac. Depuis 1991, les programmes Leader préconisent une approche territoriale pour soutenir les initiatives de développement.
La politique de soutien aux marchés et celle du développement rural n’ont pas suivi le même rythme. Un nécessaire rééquilibrage doit-il se traduire par une dérégulation ? La consolidation des filières, le soutien aux groupements de producteurs peuvent être aussi une voie pour un développement maîtrisé.
Depuis plus de trente ans, la démarche de pays a ouvert une approche originale, qui permet de mettre ensemble les différents acteurs d’un territoire. Mais leur reconnaissance suppose une véritable refonte des politiques publiques.
Projet a posé les mêmes trois questions au ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche et des Affaires rurales, Hervé Gaymard, à son prédécesseur, Jean Glavany, au porte-parole national de la Confédération paysanne, Christian Boisgontier, ainsi qu’au président de la Fnsea, Jean-Michel Lemétayer. Voici leurs réponses.